tout le monde s'y met...

Merci pour la carte! :)

Les Femmes S'en Mêlent : Lonely Drifter Karen, Miss Li, Phoebe Killdeer & the Short Straws

Décidément, on peut faire confiance à Stéphane Amiel pour la programmation du festival Les Femmes S'en Mêlent qui nous fait toujours découvrir des groupes fantastiques!

Lonely Drifter Karen

Une autrichienne diaphane entourée de trois garçons nous conte de petites histoires tantôt calmes tantôt entraînantes. On pense manèges, boites à musique, ambiances cabaret... La froideur apparente de Tanja Frinta se fend parfois de quelques timides sourires... sa petite voix fluette nous entraine dans son univers. La soirée commence bien.

Miss Li

C'est Linda Carlsson, alias Miss Li, qui met le feu à la salle! Cette suédoise explosive est un mélange improbable entre un petit lutin malicieux et une Dita Von Teese boute-en -train (pour le look rétro!). Elle enchaine joyeusement ses chansons sur son piano, accompagnée de son groupe charismatique (quels looks également!). L'ambiance va crescendo et le temps passe trop vite!

Phoebe Killdeer & The Short Straws

Le CLOU du spectacle. Mystérieuse, facétieuse, libre : Phoebe Killdeer nous hypnotise. Etrange comme un personnage de Lynch, figée comme dans un film muet, puis sauvage, secouant sa crinière brune au gré de spasmes musicaux. Ca me rappelle un peu Nick Cave dans Les Ailes du Désir, pour la noirceur.
La mise en scène est très étudiée : lumière, instruments, allumettes, castagnettes.. Le show est encore meilleur qu'à la Flèche d'Or il y a quelques mois.
A revoir encore et encore alors :)

Shine A Light

Avis aux baroudeurs et fans de concerts.... sauf que là, c'est pas pareil quand même : confortablement assis dans son fauteuil, le spectateur a les gambettes qui démangent.

Comment ne pas avoir envie de sauter partout quand on voit Mick Jagger se dandiner tout moulé dans son jean? Et Keith "Pirate" Richards, dont les sourires font s'illuminer tout son visage?

Ah la la, c'est quelque chose quand même, un concert des Stones, et malgré toute l'habileté de Scorsese qui nous sert des plans superbes, capte les regards et les expressions, la complicité entre ces musiciens, et bien ça met un peu de temps à décoller. Le temps pour nous de nous adapter à ce format un peu paradoxal.

Ben oui, un concert ça se vit en direct, dans la sueur, le bruit, la fureur !

Alors Shine a Light, oui et non, mais on ressort quand même avec l'impression d'avoir assisté à un concert qui tue! Presque comme en vrai...

à mettre sur ma travel-to-do-list ;)

la ville est un roman

"La surface de la ville palpite de ses citoyens vivants. Mais sa terre est richement semée de ses morts innombrables. La ville est un entrepôt de récits, d'histoires. Au temps présent, au passé ou au futur. La ville est un roman.

Les villes sont des choses simples. Ce sont des conglomérats de gens. Les villes sont des choses complexes. Ce sont les distillats géographiques et émotionels de nations entières. Ce qui fait une ville n'a pas grand rapport avec sa taille. C'est lié à la vitesse à laquelle ses citoyens marchent, à la coupe de leur vêtements, au son de leurs cris.

Mais surtout, les villes sont des carrefours d'histoires. Les hommes et les femmes qui y vivent sont des récits infiniment complexes et intrigants. Le plus banal d'entre eux constitue un récit plus palpitant que les meilleures et les plus volumineuses créations de Tolstoï. Il est impossible de rendre toute la grandeur et la beauté de la moindre heure de la moindre journée du moindre citoyen de Belfast. Dans les viles, les récits s'imbriquent et s'inbriquent. Les histoires se croisent. Elles se heurtent, convergent et se transforment. Elles forment une Babel en prose.

Et à la fin, après les innombrables générations liées à des milliers et à des centaines de milliers d'habitants, la ville elle-même commence à absorber les récits comme une éponge, comme le papier absorbe l'encre. Le passé et le présent y sont écrits. Les citoyens ne peuvent manquer d'y écrire. Leur témoignage est involontaire, complet.

Et parfois, tard dans la nuit, quand la plupart dorment, comme maintenant, la ville semble s'arrêter et soupirer. Elle semble exhaler ce récit, le restituer comme la chaleur emmagasinée par la terre en été. Ces nuits-là, vous traversez une rue de la ville et pendant quelques minutes dorées il n'y a pas de voiture, et même le bourdonnement de la circulation lointaine reflue, vous regardez les matériaux qui vous entourent, la chaussée, les lampadaires et les fenêtres et, si vous écoutez bien, vous entendrez peut-être les fantômes des histoires qu'on chuchote.

Il y a de la magie dans tout cela, une magie impalpable, qui se dissipe pour un rien. C'est à ces moments-là que vous avez le sentiment d'être en présence d'une entité plus vaste que vous. Et tel est bien le cas. En effet, alors que vous regardez à la lisière de votre champ visuel éclairé, vous apercevez les immeubles et les rues où cent mille, un million, dix millions d'histoires sombres, aussi vivaces et complexes que la vôtre, résident. Le divin ne va jamais plus loin que ça.

Et les murmures endormis d'un demi-million de gens s'allient pour créer un bruit de fond essentiel, une musique consensuelle. Ecoutez et pleurez. Il n'y a pas beaucoup plus à apprendre sur Terre que le spectacle et le chuchotis d'une ville désertée à quatre heures du matin. Par de telles nuits, ces villes sont le centre, le pivot, la roue même sur laquelle vous tournez. "

Robert McLiam Wilson, Eureka Street, ed. 10/18

Penelope

"Penelopee" c'est un petit film frais, sans prétention, un peu tim burtonien sur les bords (dans l'esthétique), un peu conte de fées, un peu pour les filles (y'avait 4 mecs dans la salle) : exactement ce dont j'ai besoin en ce moment.

Pas de prise de tête, juste la très jolie Christina Ricci (même avec un groin ils n'arrivent pas à l'enlaidir), le très dandy-moderne James McAvoy, la très "Beetlejuice-mommy" Catherine O'Hara (décidemment à l'aise dans les rôles de maman-freak), Simon Woods en chasseur d'image-pirate miniature (vu dans Nip/Tuck), et Reese Witherspoon dans un second rôle de bavarde-dingue de Vespa rafraîchissant.

Et Sigur Ros pour finir le film, ce qui ne gâche rien ;)

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Junior Ballet Contemporain & Helenic Dance Company @ CNSMDP

Soirée au Conservatoire de Danse de Paris vendredi dernier avec de jeunes danseurs : une création du Junior Ballet Contemporain suivie d'une résidence de l'école d'Athènes avec 4 courts ballets contemporains (dont Steps in the Streets de Martha Graham).

Si les danseurs français ne m'ont pas spécialement fait grande impression, j'ai suivi avec fébrilité les mouvements des danseurs grecs, leur respiration, leurs enchaînements, portés, courses, puissance, aisance, énergie...
Je me suis tendue dans mon siège, ai tordu les jambes, contracté le dos... toutes les manifestations physiques d'un spectacle qui me plaît et m'envoute. Et voilà, j'étais sur scène avec eux, je vivais leur danse, la musique, la scène.

A quand du Martha Graham au répertoire de l'Opéra de Paris?

postée le 22-03 // reçue le 10-04

Les larmes de Madame Wang

Ce qu'il y a de bien avec les dernières séances, c'est qu'on peut voir Paris un peu différemment.
On sort de chez soi un peu tard, on croise des huluberlus qui font leur jogging, le métro est bondé de minettes sur leur 31, les loulous sont de sortie... normal, un vendredi soir! On dirait que tout le monde va à sa petite soirée.

Pour moi c'était rendez-vous au MK2 Beaubourg pour un film chinois. Ca faisait longtemps que je n'avais pas vu un film asiatique, j'ai plutôt apprécié.
Un drôle de personnage cette Madame Wang qui tente de (sur)vivre dans Pékin en se débrouillant et en trouvant finalement une vocation étrange : pleureuse aux funérailles, un vrai métier dis donc.

le temps perdu

Devant la porte de l'usine
le travailleur soudain s'arrête
le beau temps l'a tiré par la veste
et comme il se retourne
et regarde le soleil
tout rouge tout rond
souriant dans son ciel de plomb
il cligne de l'oeil
familièrement
Dis donc camarade Soleil
tu ne trouves pas
que c'est plutôt con
de donner une journée pareille
à un patron ?

Jacques Prévert

la nocturne du Louvre

Petite visite au Louvre mercredi dernier avec l'objectif de visiter l'exposition sur Babylone.

Beaucoup trop de monde malheureusement, beaucoup de textes à lire, de petits objets à observer... on a fait le tour rapidement.
Exposition un peu opaque pour les incultes (c'est quand même une civilisation très méconnue du grand public).
La partie la plus "accrocheuse" : les salles sur les représentations de la Tour de Babel.

Après ça nous avons fait un grand tour dans les galeries, nous nous sommes un peu perdus (comme d'habitude), avons admiré la galerie Apollon (restaurée en 2004) et les peintures françaises des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles : Watteau, Chardin, Fragonard, Delacroix pour ne citer que les plus connus..

Le bon plan ces nocturnes : de 18h à 22h les mercredis et vendredis.
Pour les moins de 26 ans, la nocturne du vendredi soir est gratuite (également pour la personne qui vous accompagne).

J'ai investi dans une carte "jeunes" (je profite de mes derniers mois de sursis) : pour 15 € par an j'ai l'accès libre à toutes les collections permanentes et expositions et je peux emmener une personne avec moi gratuitement sur les deux nocturnes ! Oudélali !

J'ai toujours rêvé d'être un gangster

Bien loin de l'avoir détesté (comme les critiques du Masque et la Plume), le film de Samuel Benchetrit se laisse regarder.
On a un peu l'impression d'avoir à faire avec un imposteur : ce mec n'est pas réalisateur.
Le film est long, trop long. Il n'invente rien. Il joue avec des codes déjà bien connus, très référencés : on pense à la narration éclatée de Tarantino, la construction de Coffee & Cigarettes de Jarmush...
La distribution exceptionnelle (Anna Mouglalis, Jean Rochefort, Bashung, Arno...) et la très belle photo (en noir et blanc, miam) sauvent un peu tout ça.

Quelques beaux moments surnagent, notamment la deuxième partie avec l'enlèvement de la jeune fille par deux tendres paumés : c'est le naturel des deux acteurs (les belges Bouli Lanners & Serge Larivière) qui fait tout le travail.
Les cinq vieux de la dernière partie, regardant défiler les lignes à haute tension au bord de la nationale comme ils regarderaient défiler leur vie, laissent nos pensées s'envoler un peu...

Car c'est là que le bât blesse : c'est beau, bien filmé, avec de la belle musique derrière... mais au fond, ben rien. Pas d'explication sur les motivations des personnages, ils en sont là juste pour la beauté du geste. Quel intérêt alors? Ces gangsters du dimanche sont là juste pour faire joli.

Seule exception peut-être : le face à face Bashung / Arno, qui se mesurent l'un à l'autre dans un petit banditisme jouissif et vraiment bien trouvé!

PS : l'affiche tue (mais encore une fois, elle n'a rien à voir avec le film...)

des envies, des envies, des envies...

... de la mer, du goût iodé des huîtres, d'exotisme, de la fraîcheur d'une salade ananas / crevettes / noix de cajou....

Pour tout ça, deux adresses, où l'on vous sert avec le sourire :

Le Wepler
14 place de Clichy
75018 Paris

Chao Praya
20 rue de la Verrerie
75004 Paris

Miam!

i am a parisian lady

En surfant à droite à gauche sur le web j'ai "découvert" le travail de Baudouin, photographe/metteur en scène/portraitiste d'intérieur(s), d'inconnus (plutôt issus de milieux artistiques) et de personnalités (Adanowsky, Julie Gayet, André...)

Le photographe vient donc vous tirer le portrait chez vous, entre quatre murs qui vous ressemblent.
On se demande s'il y a un vrai souci de réalisme ou si chaque détail est mûrement réfléchi, disposé comme dans un tableau, dans une accumulation folle, un foutoir savamment organisé.
On est quand même loin du cliché "pris sur le vif", le sujet posant consciencieusement dans son intérieur.

Moi qui suis toujours curieuse de découvrir "comment c'est chez les gens", le nez souvent levé dans les rues de Paris, surtout le soir quand les intérieurs se révèlent, j'ai passé du temps à détailler toutes ces photos :)
Il réalise en ce moment une série sur les parisiennes en particulier, de 7 à 77 ans, plutôt dans des milieux "plus-plus" encore une fois.

J'aime beaucoup sa série "Networks" qui met en relation plusieurs personnes se connaissant et venant d'horizons très divers.

Bref, mieux que le blabla, allez faire un tour sur son site, ça vaut le coup d'oeil.