La Marine

La Marine, 55 bis Quai de Valmy, 75010 Paris

Alessi // Joanna // Alina

Mon top 3 des voix féminines en ce moment :

Alessi's Ark // Joanna Newsom // Alina Orlova

1/ Alessi's Ark : londonienne, 21 ans, sort un disque en 2009 (Notes From The Treehouse) et quelques EPs, une sorte de Cat Power pas dépressive, c'est frais et folk...

2/ Joanna Newsom : from San Francisco, 28 ans, harpiste, découverte sur la compile de Devendra Banhart (Golden Apple of the Sun) avec le morceau Bridges and Balloons, voix haut perchée et enfantine, un triple album qui se laisse découvrir au fil des écoutes (énorme Easy), quelques dates en France en septembre...

3/ Alina Orlova : lituanienne, 23 ans, artiste-peintre qui décide un jour de devenir musicienne, chante en lituanien, russe et anglais, influences slaves, un mix féminin entre Beirut et Yann Tiersen, un univers à part découvert grâce à Vincent Moon qui l'a filmée à Paris, en concert au Café de la Danse le 8 novembre.

summer details #2

Le petit chemin près de la gare...

...planté de fleurs sauvages.

summer details #1

Days of being wild, Wong Kar Wai @ cinéma plein air, parc de la Villette

Premier film de ma sélection au cinéma en plein air, un des premiers films de Wong Kar Wai (le deuxième en fait).
On y croise entre autres une Maggie Cheung toute jeune, tellement belle... dans le Hong Kong des années 60.

La photographie est sublime, déjà signée Christopher Doyle (qui travaille sur tous les films de Wong Kar Wai).
Je ne résiste pas à poster quelques images...

Tournée // Tamara Drewe

Une bonne petite série au cinéma cette semaine, avec Tournée d'abord.
Je confirme tout le bien qu'on en dit, le film est vraiment prenant, les interprètes-danseuses lumineuses et surprenantes.
Le new burlesque est à la mode, mais il faut reconnaître la qualité, l'humour et même la poésie des numéros (petite mention pour la femme-ballon).
Ces corps tatoués, pailletés, maquillés, faux-cilés sont fascinants...

Tamara Drewe n'est pas en reste, dans un style léger et divertissant.
J'avais lu et aimé le roman graphique de Posy Simmonds, et l'adaptation de Stephen Frears est plutôt réussie! Il a même rajouté un côté comique à travers les personnages de deux adolescentes désoeuvrées de Stonefield, ce trou paumé dans le Dorset.
Ca donne envie de faire un tour dans ce coin de l'Angleterre, les paysages y sont très bucoliques (il faut aimer la campagne... je crois que PJ Harvey habite par là..)

the perfect week end # 2

Dominique A @ La Plage, Glazart

Les mots de Dominique A sur nos douleurs, nos hésitations, ses gestes, sa simplicité... et le soleil couchant sur nos épaules.
Une plage de gros sable au bord du périph', un bar en plein air, la lumière qui décline doucement...
Plus la nuit tombe plus les photos sont bonnes.

the perfect week end

Here We Go Magic @ Flèche d'Or

The Morning Benders @ Nouveau Casino

Kaguyahime de Jiri Kylian @ Opéra Bastille

Alice Renavand @ Anne Deniau

Une heure et demie hors du temps, nous voilà plongés dans un conte japonais...

Mais "Le conte du coupeur de bambou" n'est qu'un prétexte pour aborder un thème cher à Kylian, l'impossible harmonie...

De ce conte, il fait un poème dansé, porté par la musique extraordinaire de Maki Ishii.

On est submergés par le son : les tambours résonnent dans le théâtre et créent une matière vivante.
Les musiciens courent et investissent la scène, certains jouent majestueusement de leur instrument (ils seront très applaudis à la fin).

Du côté des danseurs, Alice Renavand est fragile et terrestre, toute petite et en courbes, précise et concentrée. C'est l'interprète idéale de cette princesse de la lune qui descend sur Terre pour la beauté du geste.

Encore 4 dates jusqu'au 15 juillet, si vous êtes curieux ça vaut le coup.
Je conseille de prendre des places pas chères dans le parterre, les dates sont loin d'être pleines et le soir-même vous pourrez sans doute vous rapprocher de la scène.

Patrick Watson, Fitzcarraldo Sessions, Arnaud Fleurent-Didier @ Festival Days Off, Salle Pleyel

Revenons brièvement sur la soirée Days Off à Pleyel samedi dernier.
Nous avions pris nos places par curiosité pour Fitzcarraldo, l'affiche était alléchante : Jack the Ripper, Dominique A, Moriarty, Mansfield TYA...

© F.Toulet

C'est Arnaud Fleurent-Didier qui ouvre le bal. Un drôle de type mi-dandy mi-gauche, à la voix haut perchée un peu tremblotante.
Il a l'air ravi de présenter ses morceaux dans cette salle prestigieuse, accompagné de nombreux musiciens (cordes, cuivres...).
Je n'accroche pas vraiment à son univers, c'est inégal et je m'ennuie gentiment sur mon siège...

© F.Toulet

La belle découverte ce soir pour moi, c'est Patrick Watson.
Ce clône vocal de Sufjan Stevens, complètement déjanté, est vraiment attachant.
On plane complètement pendant son set, qui se termine en beauté dans le public : tout le monde claque des doigts et murmure la mélodie, et ce drôle de bonhomme arnaché de multiples mégaphones passe parmi nous avec sa voix robotisée et ses guitaristes troubadours. Wall-E musicien.
Un pur moment de grâce.

© F.Toulet

La tête d'affiche fait son entrée en scène très tard.
Impression mitigée.
De très bons musiciens et une acoustique exceptionnelle, mais gâchés par des problèmes techniques récurrents (larsens etc). Une liste d'invités géniale, mais les artistes se succèdent sur scène, chacun à leur tour, et l'on n'a pas le temps de rentrer dans leurs univers tous très différents, c'est très frustrant!!
De beaux moments tout de même : Dominique A, toujours impeccable et émouvant, et les charismatiques Moriarty.
Un gros bémol sur le public qui a commencé à quitter les lieux à la moitié du concert : à la fin la salle était à moitié vide!!
Vraiment pas sympa pour les artistes...

on my way to Buttes Chaumont

the noise made by people

C'était une cassette usée dans un vieux walkman accroché à mon sac troué de lycéenne.
Qui accompagnait mes trajets jusqu'à la gare chaque matin, jusqu'à la maison chaque soir.
Quinze minutes de marche le long du bois, c'était au printemps je crois.
Ca sentait la fin de l'année, et peut-être bien les examens... ah oui tiens, c'était l'année du bac.

Enregistrée un soir, entre 21h et 22h à l'époque, sur mon vieux poste radio-cassette.
Le fenêtre ouverte sans doute, le nez en l'air à regarder la nuit tomber.
Ou alors allongée tout près du poste, le casque sur les oreilles. Je m'endormais souvent comme ça.

Il y avait un morceau coupé au milieu. C'était une cassette d'une heure.
Trente minutes sur chaque face, il fallait bien négocier le changement de face.

On vivait les concerts comme ça, à la radio, en rêvant du moment où on aurait un appart à Paris.

Aujourd'hui la cassette doit être quelque part dans un carton, quelque part au grenier... J'aimerais bien retrouver l'enregistrement sur internet.
En attendant je réécoute The Noise Made by People.

Broadcast, Black Session #162 @ Studio 105, Paris, le 04/05/2000

Tracklisting : Long was the year, Where youth and laughter go, Message from home, Echo's answer, Dead the long year, Look outside, Come on let's go, Interlude 2, Unchanging windows, Paper cuts, Lights out, Hammer without a master

Juliet, Naked

"Mais ensuite, la musique devint trop forte pour bavarder, et Tucker commença à se sentir déprimé. Il avait redouté cette attaque de déprime. C'était la seule vraie raison pour laquelle il avait rechigné à venir dans ce bar. Il avait consacré beaucoup de temps à ne rien faire, mais l'astuce, quand on ne fait rien, en ce qui le concernait du moins, c'était de ne penser à rien pendant ce temps. Le problème, avec un concert, si on n'était pas emporté par une vague d'enthousiasme viscéral ou intellectuel, c'est qu'il n'y avait pas grand chose à faire, sinon penser; et Tucker sentait bien que The Chris Jones Band, en dépit de leurs efforts transpirants, ne seraient jamais capables de faire oublier aux gens qui ils étaient, et comment ils l'étaient devenus. La musique médiocre et assourdissante vous parquait en vous-même, elle vous incitait à arpenter votre esprit, jusqu'à vous donner une vision assez précise de la façon dont tout cela pourrait finalement se terminer pour vous. Dans les soixante-quinze minutes qu'il passa en sa propre compagnie, Tucker se débrouilla pour revisiter à peu près tous les lieux qu'il aurait été heureux de ne jamais revoir. Il remonta, à partir de Cat et Jackson, à tous les autres couples qu'il avait fait foirer, tous les gamins qu'il avait bousillés. La friche professionnelle des vingt dernières années bordait ces jalons, comme une voie de chemin de fer rouillée longe un bouchon de bagnoles. Les gens sous-estimaient la vitesse de la pensée. Il était possible de couvrir absolument tous les incidents majeurs d'une vie pendant le set moyen d'un groupe se produisant dans un bar."

Nick Hornby, Juliet, Naked

Babel (words) de Sidi Larbi Cherkaoui & Damien Jalet @ Grande Halle de la Villette

Attention : danse intelligente!!

Sidi Larbi Cherkaoui et Damien Jalet ont choici le mythe de Babel pour leur dernière création qui vient achever le triptyque commencé avec Foi et Myth.
Les trois pièces étaient présentées à la Grande Halle de la Villette fin juin-début juillet.

Je n'ai pas eu la chance de voir Foi et Myth, mais j'ai été éblouie hier soir par Babel (words).
La représentation était suivie d'une rencontre avec les artistes, un dialogue d'une heure avec Damien Jalet, deux danseurs et une musicienne.

Je ne savais pas à quoi m'attendre, n'ayant jamais vu leur travail et n'ayant rien lu dessus avant.

Une douzaine de danseurs sur scène, tous de nationalités différentes (Québec, Japon, Italie, Inde...), pour réaliser un seul pari : trouver un langage commun, un territoire d'entente.

Le rythme d'abord.
Sur des musiques vivantes et jouées sur scène, tous se servent de leurs "backgrounds" différents pour participer, proposer, danser ensemble. Ces horizons divers sont réunis en un même lieu : le lieu de la danse.
Un danseur fera cette remarque après le spectacle : c'est parfois difficile de se comprendre quand on ne parle pas la même langue et qu'on n'a pas la même sensibilité culturelle ou artistique. La danse et la musique (qu'on pense souvent comme des langages universels) ont aussi leurs codes, et pour danser ensemble il faut d'abord s'apprivoiser.
Au départ, chacun dessine son territoire au sol, bien aligné face au public.
Ensuite les lignes se croisent, les espaces s'emboitent, notamment grâce à un personnage hors du commun : le décor.

Il faut saluer le travail passionnant d'Antony Gormley qui a créé pour cette pièce 5 structures métalliques émotives et touchantes. Ou comment quelques tiges de métal dispersées sur la scène deviennent un danseur à part entière, qui bouge en harmonie avec des danseurs de chair.
On imagine le casse-tête pour apprivoiser ces cubes géants, aux volumes identiques mais aux dimensions diverses : pour les chorégraphes (comment les emboîter et les faire bouger pour que cela fasse sens?) et pour les danseurs (le mouvement doit paraître naturel & fluide, tout en dansant autour et dedans).

Damien Jalet nous dira ensuite qu'ils ont cherchés des danseurs à la technique bien "ancrée dans le sol" plutôt que fluide et légère.
On peut le comprendre quand on assiste à cette expérience physique intense, cette danse qui résonne dans l'espace comme une transe et qui nous laisse aussi essoufflés que les danseurs.
On apprend aussi qu'à l'issue des trois mois de travail préalables, la compagnie disposait de 3h de matériel, finalement ramenées à 1h45 (pour un spectacle plus digeste sans doute, mais on a très envie de voir le reste!).

La danse est parfois interrompue pour laisser place à la parole (souvent avec humour).

Cherkaoui et Jalet s'intéressent notamment aux neurones miroir (qui se réveillent lorsque quelqu'un exécute une action ou observe un autre individu exécuter la même action : "en neurosciences cognitives, ces neurones miroirs sont supposés jouer un rôle dans des capacités cognitives liées à la vie sociale notamment dans l'apprentissage par imitation, mais aussi dans les processus affectifs, tels que l'empathie"- merci Wikipédia).
Ce développement est particulièrement bien trouvé et colle parfaitement au thème de Babel.
Il trouve même un écho émouvant dans le public qui expérimente une réelle empathie avec la troupe : on est emportés dans cette spirale, exaltés, à bout de souffle comme les danseurs.

On pourrait écrire un roman sur cette pièce... je laisse pas mal d'aspects tous aussi intéressants de côté, j'en ai déjà écrit une bonne tartine...
Je vous conseille vraiment d'y aller, c'est jusqu'au 7 juillet.

Sinon, séances de rattrapage du 13 au 15/01/2011 à la Maison de la Danse à Lyon.

Une belle galerie de photos ici.

my two days off

Bilan du week end :

- nagé nagé nagé nagé nagé....

- rendu le Canon 5D qu'on m'avait prêté >> coeur brisé >> un petit saut à la Fnac, énorme vague de bonheur en sortant du magasin, ça faisait longtemps :)

- un besoin soudain de lire Nick Hornby : j'ai racheté High Fidelity (je l'ai donné un nombre incalculable de fois), dévoré Juliet, Naked (son petit dernier), et je me garde 31 Songs sous le coude pour ma prochaine crise...

- 2 épisodes de True Blood // 2 magnums au chocolat blanc

- trouvé une jolie petite table basse chez Antoine & Lili pour enfin pouvoir poser toutes mes affaires qui trainent et ne plus renverser tous mes cafés posés par terre...

- reçu mon illustration de Yelena Bryksenkova qui s'est retrouvée aimantée à mon frigo Barbie en attendant de lui trouver un cadre...