Lisboa, miradouros

Je suis tombée amoureuse. Voilà c'est dit.
Un coup de foudre.
En quelques minutes j'ai su.
J'ai senti que j'aimais cette ville, et j'ai marché toute la journée dans ses rues.

J'ai laissé mon plan de la ville le plus possible dans mon sac, et je me suis un peu perdue, au hasard.
Pas d'objectif précis, de lieu à visiter absolument. Eviter à tout prix les coins les plus touristiques.
Chercher la tranquilité, et le pouls de la ville.

J'ai adoré tomber sur ces points de vue au dessus des toits, les miradouros.

La première fois, au Largo do Monte, un petit miradouro à l'ombre le matin.
Emerveillement devant ce panorama, le soleil tape déjà fort sur les façades des immeubles.

Dans l'après-midi sur la colline d'en face, au Miradouro de Sao Pedro de Alcantara, les gens prennent le café.
Il y a une petite fontaine, je m'attarde un peu...

Surplombant l'Alfama, le Miradouro das Portas do Sol offre une jolie vue sur le Tage...

Je cherche et trouve ensuite le Campo Santa Clara, où un petit café avec wifi et vue imprenable semble m'attendre : Clara Clara.

Plus tard, depuis le Largo da Graça (mon préféré), je regarde la douce lumière tomber sur les toits. Une cloche sonne.

Et puis vient l'heure du rituel, instauré en une seule journée déjà : admirer le coucher du soleil, juste en face.
On prend vite des habitudes quand on se plaît quelque part.
Dans mes oreilles: The Walkmen, Avi Buffalo, Arcade Fire, Antony & the Johnsons...
Le soleil décline lentement. J'observe les gens autour de moi, privilège d'être seule...

Musée Mécanique @ Point FMR

Pierre et Alexandra Boulat @ Petit Palais

Pour inaugurer en douceur le retour aux expos, il faut faire un tour au Petit Palais en ce moment.

Reporters sans Frontières y expose pour ses 25 ans le travail de Pierre et Alexandra Boulat.

Quelques photos sont disséminées dans les collections permanentes, au milieu des peintures et des sculptures.
Sans doute une volonté un peu déroutante de faire dialoguer les oeuvres entre elles.

Heureusement, la plupart sont réunies dans une grande salle, de manière assez intelligente.
Disposées face à face, les photographies du père et de la fille se répondent dans un jeu de miroir permanent.

Pour Pierre, à travers le noir et blanc : le Paris des années 50 (dont une série sur l'Hôtel Beauséjour, accueillant la bohème artistique de l'époque), un mariage dans le Berry, le Général de Gaulle, la crise algérienne, la première collection d'Yves Saint Laurent, des portraits de personnalités...

Pour Alexandra, avec la couleur : les conflits du Moyen-Orient, un regard sur les femmes dans ces sociétés (une jeune afghane s'étant immolée par le feu pour échapper à sa belle-famille, un entrainement au tir à l'académie de police de Téhéran..), la dernière collection d'Yves Saint Laurent...

Il est frappant de faire le parallèle entre leurs photos sur un sujet similaire à quelques années d'intervalle.

On perçoit en tout cas quelque chose de très doux, en filigrane, entre le père et la fille, aujourd'hui disparus tous les deux.
Et c'est l'occasion de poser les yeux sur de très belles photographies et de prendre une belle leçon de photojournalisme.

Jusqu'au 27 février 2011 - entrée libre

Lyon

Lyon, petite terrasse ensoleillée avec vue sur les toits oranges.
Lyon, monter et descendre de la colline, chemins et jardins cachés.
Lyon, aller voir Poetry dans un ciné de quartier.
Lyon, la brume du matin posée sur la ville, cinq minutes de silence devant ce panorama tout en haut de Fourvières.
Lyon, ton café-librairie où le moka est parfait, avec son panache de chantilly.
Lyon, les vélos, le soleil, les gens, les marchés, les arbres, la sieste au bord de l'eau.
Lyon, voir enfin un spectacle de Pina Bausch, la scène entière plantée d'oeillets roses.
Lyon, et mes larmes à la fin, sensation inoubliable.

Sébastien Schuller @ La Machine

Nuit Blanche

The Whitest Boy Alive @ Cité de la Mode et du Design

Timber Timbre & Josh Ritter @ Café de la Danse

Ambiance crépusculaire sur les morceaux de Timber Timbre, groupe canadien qui est en fait un seul homme : Taylor Kirk.
On accroche ou pas (je préfère sur album, les versions live manquent un peu de pep's), mais il y a une vraie personnalité dans ces compositions, et cette voix.

Josh Ritter arrive ensuite sur scène, tout joyeux d'être là.
Plaisir communicatif. On est tout de suite subjugué.

L'américain est tout seul derrière sa guitare, rien de plus efficace. Certains artistes n'ont pas besoin de grand chose pour nous emporter dans leur univers (un peu comme Villagers qui m'avait déjà conquise).

Mine de rien, je ne peux pas m'empêcher de comparer avec le concert de la veille... rien à voir c'est sûr, mais parfois la simplicité fait mouche de manière tellement évidente.

Il est rejoint par la délicate Dawn Landes pour un morceau. Elle nous joue Caroline, ce qui me fait penser que je ne l'ai jamais vue en concert et qu'il faudra que je me rattrape un jour.

De nombreux moments de grâce dans ce concert : un morceau dans le noir total et a capella (ou comment ré-apprendre à écouter), un tombé à la renverse à la fin d'une chanson...

En rappel, une petite reprise de Moon River, la cerise sur le gâteau, et Girl in the War, un de mes morceaux préférés.

Spread your love like a Fever Ray*

Concert très très très attendu de la suédoise Karin Dreijer Andersson, aka Fever Ray, jeudi dernier à l'Olympia.
Le billet était acheté depuis le 11 mars, 08h05, soit 5 minutes après la mise en vente. Depuis il attendait sagement son heure... ça paraissait tellement loin le mois de septembre.

En première partie, la petite schtroumpfette en guenilles Zola Jesus arpente la scène de long en large et donne un peu le tournis.
C'est assez saisissant d'entendre cette voix sortir d'un si petit corps.
Si l'album passe très bien, il manque quelque chose à sa prestation sur scène. On a un peu l'impression d'écouter toujours le même morceau...

Que dire ensuite de Fever Ray?
Impressions mitigées...

Une mise en scène très travaillée : des abat-jour disséminés sur scène, un nuage de fumée pour garder le mystère, une grosse pincée d'encens, très peu de lumières si ce n'est 2 lasers qui font une grosse partie du boulot niveau visuel.
Les musiciens semblent tous sortis d'un film de David Lynch et la belle ne nous montrera pas son visage. Elle est affublée d'un costume surnaturel, tout droit sorti d'un rêve de Miyazaki (les dieux-monstres de Chihiro) : indescriptible. C'est à peine si j'aperçois sa bouche, son nez, et le trou laissé pour un seul oeil...

Et la musique?
Un peu peur de ne pas assez entendre sa voix au début, derrière une tonne d'effets et des basses qui font vibrer nos entrailles.
Et puis la magie opère sur quelques morceaux : Keep the streets empty, When I grow up, Coconut...

Un concert étrange, désincarné, chanté par un fantôme, une ombre... mais qui laisse quand même des images fortes en tête. Et le souvenir de la musique imprimé dans nos corps.

*copyright La Tête à Toto ;)

Pense-pas-bête des expos à Paris

- La Cinémathèque: Brune Blonde (6 octobre 2010 - 16 janvier 2011) // Stanley Kubrick (23 mars - 31 juillet 2011)

- Le Musée d'Art Moderne : Rétrospective Basquiat (15 octobre 2010 - 30 janvier 2011)

Larry Clark, Kiss the past hello (8 octobre 2010 - 2 janvier 2011)

Kai Wiedenhöfer, Lauréat du Prix Carmignac Gestion du Photojournalisme (5 novembre - 5 décembre 2010)

- La Cité de la Musique : Lénine, Staline et la musique (12 octobre 2010 - 16 janvier 2011)
Brassens ou la liberté (15 mars - 21 août 2011)

- Le Mois de la Photo, Novembre 2010

- Le Mois de la Photo Off, Novembre 2010

- Paris Photo (du 18 au 21 novembre 2010)

- Le Musée d'Orsay : La photographie préraphaélite (8 mars - 29 mai 2011)

- Le Petit Palais : Reporters sans frontières, Pierre & Alexandra Boulat (9 septembre 2010 - 27 février 2011)

- Le Jeu de Paume : André Kertész (28 septembre 2010 - 06 février 2011)

- La Fondation HCB : Harry Callahan, Variations (7 Septembre - 19 Décembre 2010)

- La Maison de la culture du Japon : Les arts décoratifs japonais face à la modernité / 1900-1930 (13 octobre 2010 - 23 décembre 2010)

- La BNF Mitterrand : La France de Raymond Depardon (30 septembre 2010 - 9 janvier 2011)
- La BNF Richelieu : Primitifs de la photographie. Le calotype en France (1843 - 1860) (du 19 octobre 2010 - 16 janvier 2011)

flâneries...

Summer is gone

La fin de l'été, c'est Rock en Seine.
Un rendez-vous qu'on essaye de ne pas rater, à moins d'être en vacances quelque part très loin.

Pour la première fois cette année, j'ai enchaîné les trois jours.

Vendredi j'ai commencé doucement, venue directement après le boulot.
Le temps de se mettre dans le bain, sous une fine pluie parfois, jusqu'à Black Rebel Motorcycle Club et son Whatever Happen to my Rock'n'roll. Réminiscences d'une Route du Rock 2002, dont voici quelques photos pour le plaisir (et les groupies, je sais qu'il y en a, suivez mon regard!) :

Samedi j'ai sautillé sur Two Door Cinema Club et rêvassé pendant le set acoustique de Jonsi (Sigur Ros, reveneeeeez vite please, vous nous manquez!!!). Je me suis déchaînée comme jamais sur LCD Soundsystem, absorbée par la foule devenue folle, emportée, transportée, en sueur, et à la fin tout simplement heureuse. Je me tâte sérieusement à prendre ma place pour leur passage au Zénith en novembre (mais 40 €, pfff ils abusent quand même).
Massive Attack m'a déçue, le son pas assez fort, les morceaux du dernier album mous mous mous... heureusement Mezzanine relève un peu le niveau avec Tear Drop, Angel et Inertia Creeps. Même 12 ans après, ils envoient encore bien ces morceaux....
On passe devant le set de 2 Many DJ's en partant, histoire de remuer encore un peu. Mais la sagesse l'emporte et l'on rentre se coucher, on veut s'économiser pour demain, la grande journée.

Dimanche, c'est The Black Angels qui ouvre le bal mais il manque quelque chose pour que je rentre vraiment dedans... un soleil de plomb ou la nuit bien noire? Raté.
On s'asseoit un peu en retrait pour regarder passer la foule (un vrai spectacle en soi) pendant le set de Eels (qui peut s'avérer surprenant pour ceux qui comme moi sont restés sur la période Beautiful Freak, ok c'est la honte).
Le plan pour cet après-midi, c'est de tenter de se rapprocher le plus possible de la grande scène.
C'est ce que nous faisons pour Beirut (on t'aime Zach, vraiment), qui nous dégourdit enfin les jambes et les oreilles avec ses cuivres. On saute partout pendant le set des Ting Tings, histoire de ne pas dépareiller avec la bande de teenagers qui nous entourent.
Et finalement, on vit un grand moment avec Arcade Fire, my first time. Rien ne peut faire tomber mon enthousiasme, ni les morceaux un peu plus mous du dernier album, ni la pluie qui se met à tomber doucement, puis beaucoup moins doucement.
Win est trempé, Régine nous fait son show, ils sont tellement charismatiques c'est hypnotisant. Beirut vient jouer de la trompette sur Ocean of Noise, ils jouent No Cars Go, Keep the Car Running...
Le concert est écourté à cause de la pluie, ils reviennent pour un Wake Up inoubliable, où tous ceux qui sont restés s'époumonent avec bonheur sur les choeurs.
On repart trempés, transis de froid, mais heureux.

Rock en Seine, c'est déjà fini... et l'été aussi.

Petit itinéraire pour un après-midi de fin d'été

- passer devant chez Philippe le libraire pour admirer la vitrine (de la BD indé à ne plus savoir où donner de la tête), faire un timide sourire à Philippe mais ne pas oser rentrer par peur de tout dévaliser, se promettre de revenir bientôt // 32 rue des vinaigriers, Paris 10e

- remonter le canal jusqu'au Point FMR pour voir l'expo On coupe le son!, trouver porte close et se dire que c'est bien dommage, aura-t-on le temps de revenir avant le 8 septembre? // 200 quai de Valmy, Paris 10e

- redescendre le canal et faire un stop au Pop Market, caverne d'Ali Baba acidulée où bacs à glaçons Space Invaders, norens Madame Mo, sacs Petite Mendigote, magnets étoiles et oiseaux pour son frigo, guirlandes lampions, carnets et autres babioles nous font bien de l'oeil... // 50 rue Bichat, Paris 10e

- dénicher la place Sainte Marthe au bout d'une rue colorée, boire un mojito en terrasse à La Sardine, et regarder avec curiosité et gourmandise tous les restos africains du coin // 32 place Saint Marthe, Paris 10e

- traverser le canal, la place de la République, le Carreau du Temple, se perdre dans les petites rues du 3e et atterrir au Pink Flamingo, allechées par une pizza au nom ridicule, la Brangelina (figues & chèvre), s'amuser de la déco kitsch et photogénique // 105 rue Vieille du Temple, Paris 3e

Le meilleur dans tout ça? Apprécier cette petite balade en bonne compagnie :)